Cette première brève de l’année propose un focus sur les dérives de la publication scientifique et sur les outils permettant d’en évaluer la fiabilité et l’intégrité. À la suite de ce focus, vous trouverez la liste des derniers ouvrages reçus à la bibliothèque, ainsi que les dernières vidéos déposées par Audrey sur le serveur de l’IREMS. Pour terminer, la brève se conclut par les actualités du réseau des IREM.

Bonne lecture.

Publications scientifiques : surproduction, fraudes et outils de vigilance

« La mort annoncée des publications scientifiques ? » tel était l’intitulé de la 7e journée science ouverte du CNRS (25 novembre 2025).

Lors d’une intervention, l’industrie des publications scientifiques a été comparée à celle de la musique : en 2023, 57 % du chiffre d’affaires musical provenait du streaming. De manière comparable, la science est aujourd’hui fortement « plateformisée ». Quelques bases bibliométriques commerciales dominent le paysage (notamment Web of Science et Scopus), structurant l’évaluation de la recherche et contribuant à une logique de volume.

Cette dépendance favorise la surproduction d’articles et crée un environnement propice aux dérives, y compris frauduleuses. Dans ce contexte, le CNRS a engagé une politique de désabonnements (Scopus en 2024, Web of Science en 2026). Les 1,4 M€ économisés sont réinvestis dans le soutien à la science ouverte et dans le développement d’alternatives non commerciales, comme OpenAlex. D’autres institutions font le choix du désabonnement au WOS : Sorbonne université (2024), l’université de Nantes (2025), l’université de Twente au Pays-Bas et l’université de Jyväskylä en Finlande en (2026).

L’université Paris Cité « se positionne comme une université de recherche intensive de rang mondial ». Dès lors, elle continue d’utiliser Web of Science et Scopus comme principales bases bibliométriques pour assurer et mesurer la visibilité internationale de ses publications, tout en adoptant une politique en faveur de la science ouverte.

Deux études récentes documentent l’augmentation des fraudes et des rétractations d’articles scientifiques

Dans un article publié dans Nature, le journaliste scientifique Richard Van Noorden indique que plus de 10 000 articles ont été rétractés en 2023 pour cause de fraude, alors même qu’ils avaient franchi avec succès les étapes du peer review (évaluation par les pairs).

Dans une étude parue dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), les auteurs rappellent qu’en 1995, moins de 100 articles, sur environ 1,5 million publiés cette année-là, avaient été rétractés pour « mauvaise science ». En 2020, le volume annuel de publications avait presque quadruplé (près de 5 millions d’articles), tandis que le nombre de rétractations était multiplié par quarante (environ 4 000). Plus alarmant encore, les auteurs estiment que seuls 25 % des articles frauduleux seraient effectivement détectés. Les chercheurs soulignent le rôle croissant des paper mills, véritables « usines à articles » qui produisent des articles de faible qualité ou entièrement fabriqués. Par ailleurs, la pression exercée par la surproduction éditoriale fragilise le modèle de l’évaluation par les pairs : reposant sur un travail non rémunéré, effectué par une communauté scientifique dont les effectifs n’augmentent pas proportionnellement au nombre de publications, le peer review se trouve de plus en plus sous tension.

Deux outils pour exercer une vigilance scientifique

Retraction Watch

Créé en 2010 par les journalistes scientifiques Ivan Oransky et Adam Marcus, Retraction Watch est à la fois un blog et une base de données consacrés au suivi des rétractations d’articles scientifiques. La base recense aujourd’hui plus de 50 000 articles rétractés et permet de vérifier le statut d’une publication avant de l’utiliser dans un travail de recherche.

Compilatio

L’université est abonnée à Compilatio, un logiciel de détection de plagiat et de contenus générés par IA. Il permet d’analyser un document (article, mémoire, thèse, rapport) et de repérer les passages similaires à des milliards de sources en ligne et à des corpus académiques. Pour rappel, la procédure de soutenances des thèses de l’université de Paris Cité exige que le directeur de la thèse soumette le manuscrit à ce logiciel.

Pour savoir comment se connecter à votre compte professionnel et utiliser le logiciel, cliquez ici.

Pour les étudiants d’UPCité, il faut suivre cette procédure, ici.

Webinaire organisé par Compilatio une fois par mois, lien ici.

Les nouvelles acquisitions de la bibliothèque

Ce début d’année s’accompagne de plusieurs nouveautés désormais disponibles à la bibliothèque de l’IREMS.

Penser l’école, le temps et les apprentissages

Histoire des mathématiques

Didactique et pratiques en classe

Formation des enseignants : préparation au CRPE

Dans un contexte d’incertitude sur l’ouverture effective des concours de recrutement de professeurs des écoles pour 2026, lié au retard dans l’adoption définitive du budget de l’État, la bibliothèque met à disposition deux nouvelles annales corrigées du concours :

  • Concours de recrutement des professeurs des écoles mathématiques : préparation 2026, édité par l’Arpeme
  • Concours de recrutement des professeurs des écoles mathématiques : préparation 2025, édité par l’Arpeme.

Et aussi…

 Ressources en ligne

Les tiroirs d’Audrey

Séminaire national du réseau des IREM

Séminaire nationale de didactique des mathématiques (ARDM)

Plurimaths

Conférence

Réseau des IREM

Colloques

Vous pouvez aussi être intéressé par Le printemps de la recherche en éducation organisé par le réseau des INSPÉ. Cette nouvelle édition interroge la place de l’intelligence artificielle dans la formation et les pratiques enseignantes. Cette manifestation a lieu en deux temps : un cycle de webconférences entre le 11 mars et le 2 avril, deux journées en présentiel les 3 et 4 juin à Grenoble.

Autres dates à retenir :

Publication

Le numéro 140 de la revue Repères IREM est en ligne et également disponible en version papier à la bibliothèque.

IREMS de Paris

L’IREMS de Paris cherche à mettre en route un groupe IREM « Mathadata ». Mathadata est un programme de développement de ressources pour les classes de lycée pour l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques à partir de problèmes motivants d’intelligence artificielle.
Le groupe va permettre de fédérer une communauté d’enseignants de lycée débutants ou novices avec les ressources proposées. L’objectif sera d’abord de prendre en main les ressources, puis de les expérimenter dans les classes, de faire des retours et d’améliorer les ressources proposées. Si vous êtes intéressés par la démarche, contactez Fabrice Vandebrouck.

 

 

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